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Tydskrif vir Letterkunde

On-line version ISSN 2309-9070

Tydskr. letterkd. vol.51 n.1 Pretoria Jan. 2014

 

DOSSIER

 

Contes et identité : Wanto dans les contes Gbaya et dans la communication actuelle

 

Tales and identity: Wanto in Gbaya tales and in new communication media

 

 

Paulette Roulon-Doko

Docteur en linguistique et Docteur d'état en ethnolinguistique, Directeur émérite au CNRS. Elle étudie la langue et la culture gbaya et a publié plusieurs livres et articles. Son dernier livre est le Dictionnaire Gbaya-Français (République Centrafricaine), suivi d'un dictionnaire des noms propres et d'un index français-gbaya, Paris, Karthala, Coll. Dictionnaires et langues, 2008, 696 p. Email: roulon@vjf.cnrs.fr

 

 


ABSTRACT

Gbaya tales portray gods, humans and animals living as human beings in villages, hunting, gathering and cultivating plants. Wanto, a spider, is the most recurrent character of these tales: he is the one who brings civilization to Gbaya people. My paper points out Wanto's difference from the other characters and analyzes the complexity of his status. He is the only character whose name can be used as a name for a man. Most other names are specific to a tale, like Snow White in European tales, and cannot be attributed to people. For the Gbaya, Wanto epitomizes the essence of human beings. In fact, on the Internet, it appears that Wanto is always mentioned and claimed as the symbol of Gbaya identity by Gbaya artists. The fundamental role of Wanto in building Gbaya identity shows that oral literature is still vibrant and finds its place in new communication media.

Keywords: Central African Republic (CAR/RCA), Gbaya identity; Gbaya oral tradition; oral tradition and new media, Wanto, the spider character.


 

 

Introduction

Les Gbaya sont une population d'environ un demi million qui occupent un territoire situé pour les quatre-cinquième à l'ouest de la République Centrafricaine et pour le dernier cinquième au centre est du Cameroun. Le groupe numériquement le plus important, appelé Gbaya kara ou gbaya du Nord, est subdivisé en plusieurs sous-groupes dont font partie les Gbaya 'bodoé chez qui je travaille. Ceux-ci forment un groupe homogène d'environ 5000 personnes réparties en une quarantaine de villages au sud-ouest de Bouar (R.C.A.).

La langue gbaya appartient, au grand groupe linguistique Gbaya-Mandja-Ngbaka qui s'étend sur trois pays d'Afrique centrale : la République Centrafricaine, le Cameroun et la République démocratique du Congo. C'est une langue oubanguienne du sous-groupe « Adamawa oriental » (phylum Niger-Congo).

Les Gbaya 'bodoé sont une société de chasseurs-cueilleurs-cultivateurs. Ils vivent dans une savane arbustive très verte, sillonnée par de nombreuses petites rivières dont les berges sont couvertes de forêts, exploitant toute l'année les ressources spontanées de leur milieu naturel par la chasse et la collecte, tout en pratiquant une petite culture (manioc, sésame et plantes vivrières). Sur le plan technologique, ils façonnent des poteries, confectionnent des vanneries, travaillent le bois et pratiquent le travail du fer dont ils étaient autrefois producteurs. Ils se caractérisent par une hiérarchisation sociale très réduite : il n'y a pas de métier réservé dont un individu ou un groupe pourrait revendiquer l'exclusivité. Outre les nécessaires activités de subsistance, chacun se livre aux occupations de son choix. Culture de tradition orale, le savoir est commun à tous et chacun peut y avoir également accès.

 

La tradition orale

La tradition orale des Gbaya comporte essentiellement des « contes »1to et des « chants » gimà qui représentent les deux principaux genres littéraires. Les autres récits (de chasse, d'événements particuliers, etc.) appartiennent tous à la « conversation » et il n'y a pas de récits historiques.

Tandis que les chants sont « chantés » bei verbe qui renvoie à l'occupation de l'espace que réalise le chant ou le feu, les contes et les récits sont « dits » to terme qui renvoie à un aménagement nécessaire : affûtage pour un couteau, mise en forme pour la « parole » wèn. Les contes constituent un répertoire important.2 Un conte est donc une parole qui est définie par son appartenance au genre « conte » to et aussi par le moment de sa récitation : le soir, après la nuit tombée. Par contre tout le monde- hommes, femmes ou enfants-peut conter (Roulon et Doko « Un pays de conteurs »). Groupés autour du feu du lignage, quelqu'un dit un premier conte puis passe la parole à un autre ... et c'est à tour de rôle que tous ceux qui le souhaitent pourront dire un conte. Lorsque le conte comporte un, voire plusieurs chants, l'auditoire est toujours sollicité pour faire le répons du chant lancé par le conteur, à qui il revient de faire cesser ce chœur lorsqu'il le veut d'un « stop » ! ou disàsààr ! qui fait taire tout le monde.

La soirée de conte est donc un temps particulier qui peut être précédé de jeux mais ne sera jamais suivi d'aucune autre activité. Lorsqu'elle prend fin, c'est le moment d'aller se coucher et de laisser la place au sommeil et éventuellement aux rêves. Le monde des contes est un monde à part qui a ses propres personnages.

Le monde des contes

La nature du monde des contes est comparable à celle où vivent actuellement les Gbaya et les hommes y pratiquent les mêmes activités, vivant de la même façon en famille au sein d'un village. Ce monde dont l'organisation varie puisque certains contes présentent une situation d'origine où le ciel et la terre étaient en continuité, accessibles à tous ; où le soleil était un animal ; où chaque type de personnages était regroupé dans un unique village (village des serpents, des singes, des hommes, des lépreux...), ainsi la pluie avait son village dans le ciel et la mort vivait parmi les hommes sur terre ; et où, Gbason, littéralement le « grand dieu » possédait et gardait jalousement pour lui-seul les produits de base de la vie villageoise (eau, plantes cultivées, cabris) (Roulon « Wanto et l'origine des choses »). Cette situation évolue au fur et à mesure des contes pour en fin de compte présenter un monde plus conforme à celui du monde réel.

Ce qui distingue plus fondamentalement le monde des contes du monde réel sont les personnages qui en sont les acteurs. Ainsi chaque personnage caractéristique d'un conte a un nom propre, comme Cendrillon pour les contes européens, qui l'identifie en retour (Roulon « Le nom propre »)

Agissant tous comme des humains-mêmes activités, mêmes rapports de parenté et d'alliance-ces personnages sont de trois types :

(i) Des divinités ou dieux qui vivent le plus souvent seuls à l'exception de Gbason présenté comme le détenteur de toutes choses qui vit en famille au sein d'un village. Tous sont caractérisés par une aptitude à pouvoir tout avaler.

(ii) Des animaux qui se comportent comme des humains. Cependant, les animaux gardent leur aspect physique et surtout leur comportement qui est connu de tous ce qui en facilite la mémorisation.

(iii) Des humains au sein desquels sont distingués les « ogres » (homo/ mangeant/ homo) définis par un régime alimentaire particulier et les lépreux qui, à l'instar de animaux, sont physiquement reconnaissables et forment de ce fait un lignage différent qui vit dans un village à part (ce qui n'est pas attesté dans la vie réelle).

Dans la plupart de ces contes ce sont essentiellement les rapports sociaux qui sont mis en scène (mariage, relation dans la famille ou l'alliance, etc.).

 

Monde mythique / monde imaginaire

Le monde des contes est un monde mythique essentiellement imaginaire. C'est en particulier le domaine des « divinités » (immortels) auxquelles on ne s'adresse jamais et pour lesquelles il n'y a aucun rituel. Elles vivent seulement dans ce monde dont on raconte les histoires, sans que se pose la question de savoir si elles sont vraies ou fausses. Ici on ne peut pas dire que les contes sont des mensonges comme c'est parfois dit dans certaines cultures d'Afrique de l'Ouest. Ces histoires sont considérées comme permettant à chacun de nourrir une réflexion sur la vie et ses acteurs. Le monde des contes ne relève en aucune façon de la croyance et ne demande aucune adhésion, c'est par contre un élément fondamental de structuration de la mémoire collective (Roulon « Le conte gbaya »).

Par ailleurs, le même terme (immortels) désigne les « ancêtres » qui vivent sur terre, dans un monde parallèle à celui des vivants. Tous les morts deviennent des ancêtres, et chaque lignage honore les siens. De plus, une fois par an, le lignage maître de la terre honore ses propres ancêtres pour tous les autres lignages du village. Les ancêtres sont très présents dans la vie de chacun qu'ils surveillent avec bienveillance et sévérité pour ceux qui se comportent mal. Les ancêtres n'apparaissent jamais en tant que personnages dans les contes.

Le personnage de Wanto

Le personnage de Wanto qui fait l'objet de cette présentation combine les trois natures : il est une divinité placée sur le même plan que Gbason, il est un animal, l'araignée, dont la toile est évoquée dans quelques contes et il est un homme puisqu'il vit en famille parmi eux. Cette triple nature est accompagnée d'un comportement qui selon les contes manifeste :

(i) l'intelligence de l'enfant qui découvre le monde en transgressant les limites qu'on lui impose (marquée par une prononciation qui remplace toutes les dentales par un ´l´ou du moins, neutralise la paire r / l comme le fait le ´parler bébé´ que l´on utilise pour parler aux plus jeunes enfants). Cette intelligence, Wanto est seul à la manifester dans les contes (Roulon et Doko « L'enfant crapule »).

(ii) l'intelligence de l'adulte qui sait ruser chaque fois qu'il le faut pour faire tourner la situation à son avantage. Cette « intelligence-ruse » gdn-zàij (à couper/ le ventre) est également attribuée à d'autres personnages. C'est principalement la tortue, puis des petits animaux comme le rat de Gambie, l'écureuil, le lièvre, le céphalophe gris qui l'illustrent. Plus la taille d'un animal croît, plus il est bête. Les plus gros ou les plus féroces tels, la panthère, le lion, l'éléphant ou le crocodile sont toujours des personnages qui se font avoir.3

Wanto, utilisant ces deux intelligences, est celui qui va s'emparer des produits que Gbason gardait pour lui seul, remplissant ici le rôle d'un héros civilisateur. C'est également lui qui libère le soleil que convoitait une autre divinité, lui permettant de faire alterner le jour et la nuit. Wanto est aussi celui qui représente le mieux la complexité humaine, avec ses défauts et ses qualités. Il s'adonne entre autres à deux activités qui sont appréciées de tout Gbaya, à savoir danser et manger, mais, lui, ne peut jamais y résister.

Le nom même de Wanto qui désigne génériquement les « araignées » est un terme composé wàn-to (maître/conte) qui souligne qu'il est le « maître des contes ». Ce nom est le seul nom de personnage de conte qui peut être porté comme un nom propre par un homme4 et donc être donné à la naissance à un enfant. Dans les généalogies que j'ai recueillies, le nom de Wanto est bien attesté.

Wanto5 est donc bien plus qu'un simple trickster, tout son comportement est interprété comme visant le bien des hommes dont il est ici le prototype. C'est un héros civilisateur qui personnifie l'identité gbaya.

 

Dans les nouveaux media

En Afrique Centrale, l´utilisation d'internet est le plus souvent limitée aux grandes villes et, lorsqu´il y a un accès internet, les conditions de réception restent lentes. Cependant, toutes les chansons connaissent une diffusion d'autant plus grande que s'est généralisée dans toute la région, y compris dans les villages les plus reculés, l'utilisation de clefs USB qu'on peut écouter à partir d'une radio à pile et celle des puces de téléphone portable pour les zones accessibles au réseau.

Ce sont donc des artistes issus de la diaspora qui utilisent les nouveaux media pour se faire connaître et diffuser leurs œuvres. On constate que les artistes gbaya présents sur le net mentionnent systématiquement le nom de Wanto dans leur répertoire. Trois artistes musiciens chanteurs (Zalazulu, Naa mbea soumai, et Hakao Wanto) revendiquent leur identité gbaya et montrent que le nom de Wanto a un rôle de repère culturel dans leurs œuvres.

Dans un article en ligne du 23 juin 2011 de Cameroon Tribute, Maturin Petsoko présente le chanteur-compositeur camerounais Zalazulu ainsi :

Je suis Gbaya de père et de mère, je suis né à Ngaoundéré. J'ai passé mon enfance entre Ngaoundéré et Garoua, une enfance certes pas parfaite, mais 'dans une très bonne ambiance' précise-t-il. Son amour pour la musique commence entre l'âge de 8 et 9 ans, guidé par son papa qui avait l'habitude de jouer son banjo et qui a fini par lui transmettre son secret.

Son père est-il ensuite précisé avait créé le groupe « Wanto Musica » en 1994. On notera ici la référence à Wanto pour cibler le public gbaya. Son propre groupe fondé en 2001 s'appelle « Leelewal » qui signifie littéralement « Clair de lune » en peul, langue véhiculaire au Nord Cameroun.

Sa carrière prend véritablement son envol quand il quitte le Cameroun pour le Togo en 2005 pour faire uniquement de la musique comme Directeur artistique dans une société. [...] Il a à son actif, 5 albums enregistrés entre 2000 et 2011 parmi lesquels l'album 'Wanto' qui signifie 'chef des contes' enregistré en juin 2010 et qui compte 11 titres. Son dernier album (le 5e) réalisé en duo avec la canadienne Guillian Ani est intitulé «Dans mon quartier». [...] Depuis quelques années, l'artiste Zala Zulu est basé en Tanzanie. (Petsoko)

Cet album « Wanto » a reçu plusieurs prix. Il comprend comme second titre, une pièce de 5'9 également intitulée « Wanto » qui est chantée en gbaya et parle de choses variées. Il y affirme que « la vie est belle » . Suit un dialogue de séduction entre le chanteur et une femme qui n'aboutit pas « je veux danser avec toi » et « il n'y a pas de place », « je veux m'amuser avec toi » « il n'y a pas de place »... Enfin puisque « le milan noir a attrapé un poussin » ... « restons-en là » ! Les paroles de cette pièce ne parlent donc pas directement de Wanto, mais son nom comme titre, à l'instar du titre de l'album, est une référence symbolique à la culture gbaya, un repère que l'auteur n'a pas jugé nécessaire d'expliciter.

On peut suivre cet auteur-compositeur sur http://www.reverbnation.com/zalazulu où il présente en anglais cinq titres, deux en français et trois en gbaya. Guima Tamo reprends le titre donné génériquement aux « chants à penser » (chant/à penser/chose) traditionnellement exécutés à la sanza. Tom ko wi wii « le travail des hommes » est un titre chanté avec Naa Mbéa Soumai et enfin Zonga, qui signifie « la jeune fille » . Ce dernier titre ne fait pas référence à n'importe quelle jeune fille. Il s'agit ici de la 'fille difficile' un personnage bien connu des contes, appelée en gbaya littéralement « la jeune fille dans la caverne ». C'est d'ailleurs ce nom qui est tout de suite mentionné suivi d'une adaptation du couplet de la chanson du conte qui permet de faire défiler tous les prétendants qui se présentent pour l'épouser et sont à chaque fois repoussés. « Un mari est arrivé »... auquel répond un chœur féminin qui demande, comme dans le conte : « de quel mari s'agit-il ? », pour conclure « je ne l'aime pas, ou je n'en veux pas » - le verbe ko signifiant « aimer » et « vouloir ». Cette chanson souligne l'importance de la référence au monde des contes dans la création actuelle.

Zalazulu a également un compte facebook sur lequel il fait figurer sa discographie, ses distinctions et les festivals auxquels il a participé. Enfin, on peut également lire un article rédigé par Essongue Shabba Prosper qui fournit une biographie détaillée et mentionne, pour finir, qu'il a créé son propre label de musique Karnu Production (http://www.leseptentrion.net/2012/12/zalazulu-vend-la-culture-gbaya/).

L'artiste camerounaise Naa Mbea Soumai est née à Meiganga et a ensuite vécue à partir de 16 ans une quinzaine d'années en France.6 Son père était un grand artiste traditionnel. Elle chante également en gbaya et a sorti un premier album en 2006. Dans un article paru le 7 juin 2011 dans Cameroon Tribute, qu'on peut lire en ligne sur www.journalducameroun.com/article.php?aid=9102,7 Maturin Petsoko présente son second album intitulé mo saye qui signifie littéralement « les choses du village » en ces termes :

La chanteuse camerounaise Naa Mbéa Soumai (Soumai Esther) a sorti en 2010 un album où elle revendique le nom d'étoile du nord, avec un titre 'Wanto'. La jeune femme vient de mettre sur le marché un album de six titres exécutés majoritairement en Gbaya. Des rythmes très dansants à l'écoute. Naa Mbéa Soumai, dans son premier album disponible depuis décembre 2010, est allée puiser dans les sources de sa tradition Gbaya pour proposer un mélange de plusieurs rythmes. [...] De retour au Cameroun depuis décembre 2010, l'artiste entend s'y installer définitivement.

Ce CD est principalement en gbaya, et si la plage « Wanto » n'est pas indiquée sur la pochette du disque son nom est mentionné à la fin de la plage zii to littéralement « Ecoutez le conte » qui reprend la chanson traditionnelle qui peut être chantée au début d'une séance de conte. On peut retrouver une présentation de cet album qui est produit par Karnu production sur web site tunesbaby.com et sur naa-mbea-soumai et certains titres sur naambeasoumai.

L'auteur compositeur Hakao Wanto, dont le père gbaya de R.C.A. est connu comme chanteur et joueur de sanza, a réalisé en 2009 un album « Initiation Nissage » avec un titre 8 de 4'48 intitulé Wanto qu'il présente en ces termes « Wanto est le type même de l'homme gbaya ». Plus loin dans la même chanson il déclare « je vais chanter tout le temps maintenant l'homme Wanto ». Il chante mêlant français et gbaya. Dans cet album, Wanto est vraiment présenté comme le prototype de l'homme gbaya.

Chez les auteurs de la diaspora gbaya, l'influence de la tradition orale des contes est donc très forte et le personnage de Wanto joue en particulier un rôle d'identification culturelle. Il est présenté comme le symbole de l'identité gbaya.

 

Conclusion

Les contes, bien que combattus par les évangélistes depuis leur arrivée dans le premier quart du 20ème siècle, continuent à être dits en pays gbaya et représentent un répertoire bien vivant dans la mémoire de chacun. De plus, le personnage mythique de Wanto qui représente l'homme par excellence est la référence que reprennent en premier lieu les nouvelles générations pour manifester leur identité gbaya. Cette mention à elle seule est identifiée comme un signe de ralliement, et mobilise les fondamentaux de la culture gbaya.

 

Notes

1 Les guillemets français « X » signalent toujours qu'il s'agit de la traduction d'un terme gbaya dont peut être mentionnée la transcription en italique, éventuellement suivie d'un mot à mot entre parenthèses.

2 Mon corpus comporte plus de 350 contes pour lesquels j'ai recensé environ 160 thèmes différents.

3 Philip A. Noss (205) qui, à propos des contes gbaya, parle du lion comme le « roi des animaux, le 'grand chef' » constate cependant que le lièvre « [une] créature apparemment faible et sans soutien est capable de vaincre ses ennemis apparemment invincible ».

4 Les noms propres en gbaya sont sexués, les noms mixtes sont peu nombreux. Wanto étant le nom d'un homme ne peut donc être porté que par un homme. Tous les noms d'une personne sont sur un même plan, il n'y a pas traditionnellement de nom de famille parmi les noms propres (Roulon-Doko Dictionnaire Gbaya-Français).

5 Cf. Noss, Wanto - the Hero et Tricksters ; Dogo Badomo Beloko.

6 http://www.leseptentrion.net/2011/03/musique-naa-mbea-soumai-chante-ses-racines/ et www.journalducameroun.com/article.php?aid=9102.

7 Et également sur : http://www.leseptentrion.net/2011/03/musique-naa-mbea-soumai-chante-ses-racines/.

 

Références

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